
La fatigue face à l’IA pourrait renforcer la confiance envers les médias d’information — sans pour autant freiner les préjudices envers les minorités - Fugues magazine
La montée de la désinformation et des contenus générés par l'intelligence artificielle (IA) pourrait paradoxalement renforcer la confiance du public envers les médias traditionnels, selon un rapport récent du Reuters Institute de l’Université d’Oxford. Cette étude, fondée sur un sondage de 280 dirigeants numériques dans 51 pays, propose une vision stimulante de l'industrie médiatique en 2026, mettant en lumière les applications concrètes de l'IA dans les salles de rédaction.
Le rapport met en avant des solutions existantes comme les AI Overviews de Google, qui augmentent les taux de clics, et les chatbots pouvant générer de nouvelles sources de revenus à travers des recommandations personnalisées. Ces outils facilitent la programmation, la distribution, la collecte d'informations et même la création de contenu. 53 % des professionnels interrogés estiment que l'explosion de l'IA, souvent perçue comme "bouillie générée par l'IA", pourrait accroître l'appétence pour un journalisme rigoureux vérifié par des humains.
Edward Roussel, directeur numérique au Times, confie que la demande pour un journalisme de qualité ne fera qu'augmenter à mesure que l'IA se propage. Toutefois, Nic Newman, l'auteur principal du rapport, avertit que même si une lassitude face à l'IA pourrait se traduire par un intérêt renouvelé pour les médias d’information, cela ne garantit pas que les consommateurs sauront faire la distinction entre l'information fiable et la désinformation. En effet, une partie du public préfère parfois les commentaires d'utilisateurs ou les chatbots pour la vérification des faits, compromettant ainsi le potentiel d'une profession journalistique vérifiée.

